Le Coran est la Parole d’Allah. Sa récitation occupe donc une place particulière dans la vie du musulman. Nous cherchons à le lire régulièrement, à le méditer, à le mémoriser et, autant que possible, à améliorer notre récitation.

C’est dans cette démarche que s’inscrit l’apprentissage du Tajwid.

Mais qu’est-ce exactement que le Tajwid ? Pourquoi est-il important ? Quelles sont les principales règles que l’on y étudie ? Et comment apprendre à réciter le Coran correctement lorsque l’on débute ?

Qu’est-ce que le Tajwid ?

Le mot Tajwid (تجويد), à ne pas confondre avec Tawhid, vient de la racine arabe liée à l’idée de rendre une chose bonne, correcte ou excellente.

Dans le domaine de la récitation du Coran, le Tajwid désigne la connaissance et l’application des règles permettant de prononcer correctement les lettres du Coran, de leur donner leurs caractéristiques et de respecter les règles de récitation qui s’appliquent lorsqu’elles se rencontrent.

Les savants distinguent notamment l’étude théorique des règles et leur mise en pratique dans la récitation. Autrement dit, connaître la règle ne suffit pas : il faut également apprendre à l’appliquer correctement lorsque l’on récite.

Le Tajwid concerne donc directement la manière dont nous prononçons les paroles du Coran.

Pourquoi apprendre le Tajwid ?

Allah dit :

وَرَتِّلِ الْقُرْآنَ تَرْتِيلًا

Ce qui signifie : « Et récite le Coran avec une récitation mesurée. »
Sourate Al-Muzzammil, 73:4.

Le terme tartîl renvoie notamment à une récitation posée, claire et maîtrisée. Les explications de tafsir soulignent également le lien entre cette récitation mesurée et la méditation des versets.

Apprendre le Tajwid permet notamment de travailler sa prononciation et d’éviter des erreurs dans la lecture du Coran.

Certaines erreurs peuvent être particulièrement importantes lorsqu’elles conduisent à prononcer une lettre à la place d’une autre ou à modifier la vocalisation d’un mot. C’est pourquoi l’apprentissage de la bonne prononciation constitue une partie essentielle de l’apprentissage de la récitation.

Il ne faut cependant pas tomber dans l’excès inverse : une personne qui ne maîtrise pas encore toutes les règles du Tajwid ne doit pas pour autant délaisser la lecture du Coran. Des savants expliquent qu’il est permis de réciter tout en apprenant progressivement les règles, et recommandent de les apprendre auprès de personnes compétentes.

Où apprendre le Tajwid ?

Pour les femmes qui souhaitent suivre des cours de Coran et de Tajwid en ligne, nous vous conseillons  Ayacademia, une école de Coran en ligne réservée aux femmes.

Les cours sont dispensés en direct sur Zoom, dans des groupes limités, avec une enseignante francophone. Les participantes récitent et reçoivent des corrections directement pendant le cours. L’école indique également que son enseignante est titulaire d’une ijâzah en lecture Hafs et possède dix ans d’expérience dans l’enseignement.

Elle propose un Pack Tajwid destiné aux femmes ayant déjà une lecture fluide du Coran et souhaitant approfondir les règles de récitation et leur application pratique sur le Mushaf.

Les cours étant réservés aux femmes, cette formation peut notamment convenir aux sœurs qui recherchent un cadre d’apprentissage exclusivement féminin.

Pour découvrir les cours et les modalités d’inscription :

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Le Tajwid ne consiste pas seulement à « réciter joliment »

On associe parfois le Tajwid à une belle voix ou à une récitation mélodieuse. Pourtant, ce n’est pas son objectif principal.

Une personne peut avoir une très belle voix tout en ayant besoin de travailler certains points de sa prononciation.

Le Tajwid consiste avant tout à donner à chaque lettre ses droits lors de la récitation.

Cela implique notamment de connaître :

  • le point d’articulation de chaque lettre ;
  • les caractéristiques propres aux lettres ;
  • les règles concernant certaines lettres lorsqu’elles se rencontrent ;
  • les règles relatives aux prolongations (madd) ;
  • la nasalisation (ghunnah) dans les situations où elle s’applique ;
  • certaines règles comme l’idghâm, l’ikhfâ’, l’iẓhâr ou l’iqlâb ;
  • les règles de la qalqalah ;
  • les règles liées à l’arrêt et à la reprise de la récitation.

Ces différentes règles permettent de préserver une récitation correcte et de limiter les erreurs.

Les makhârij : d’où sortent les lettres ?

L’une des premières notions importantes dans l’apprentissage du Tajwid est celle des makhârij al-hurûf, c’est-à-dire les points d’articulation des lettres.

Toutes les lettres arabes ne sont pas prononcées au même endroit.

Certaines sont articulées au niveau de la gorge, d’autres avec la langue, les lèvres ou encore la cavité buccale.

Cette distinction est particulièrement importante pour les personnes qui apprennent l’arabe comme langue étrangère. Des lettres qui peuvent sembler proches à l’oreille française sont parfois très différentes en arabe.

Par exemple, la différence entre certaines lettres comme س, ص, س ou entre ت et ط demande un véritable travail de prononciation.

C’est également pour cette raison que le Tajwid est difficile à apprendre uniquement dans les livres.

Il est possible de comprendre une règle théoriquement, mais avoir une personne compétente qui écoute la récitation permet de repérer une erreur que l’on ne perçoit pas soi-même.

Les sources consacrées au Tajwid soulignent justement l’importance des points d’articulation (makhârij) et des caractéristiques (sifât) des lettres.

Quelques règles de Tajwid que l’on rencontre dans le Coran

Le Tajwid comprend de nombreuses règles. Il n’est donc pas nécessaire de vouloir toutes les apprendre en même temps.

Voici quelques exemples parmi les plus connus.

L’idghâm

L’idghâm signifie notamment l’intégration ou la fusion d’une lettre dans une autre selon des règles précises.

Il intervient dans certaines situations particulières, notamment avec le nûn sākinah ou le tanwîn.

L’ikhfâ’

L’ikhfâ’ correspond à une manière particulière de prononcer le nûn sākinah ou le tanwîn devant certaines lettres.

La prononciation n’est alors ni une assimilation complète ni une articulation totalement distincte.

L’iẓhâr

L’iẓhâr signifie la manifestation ou la clarification de la lettre.

Dans les règles du nûn sākinah et du tanwîn, il désigne notamment une prononciation claire dans certaines situations.

La ghunnah

La ghunnah est une caractéristique de la récitation associée notamment au nûn et au mîm dans certaines situations.

Elle nécessite également d’être entendue et pratiquée afin d’être correctement maîtrisée.

Le madd

Le madd désigne les prolongations de la voix dans certaines lettres et situations.

Le Tajwid permet notamment d’apprendre quelles prolongations doivent être réalisées et dans quelles conditions.

La qalqalah

La qalqalah correspond à une caractéristique de certaines lettres lorsqu’elles sont dans une situation déterminée, notamment lorsqu’elles sont porteuses d’un soukoun.

Ce sont des règles que l’on comprend progressivement en les observant directement dans le Mushaf et en les mettant en pratique dans sa récitation.

Faut-il connaître toutes les règles avant de lire le Coran ?

Non.

Il ne faudrait pas qu’une personne qui débute dans l’apprentissage du Tajwid pense qu’elle doit attendre de maîtriser toutes les règles avant d’ouvrir son Mushaf.

Au contraire, il faut continuer à lire le Coran tout en améliorant progressivement sa récitation.

Islamweb rapporte à ce sujet qu’une personne qui ne connaît pas encore toutes les règles du Tajwid peut réciter le Coran et qu’il est recommandé d’apprendre progressivement ces règles. La source insiste également sur l’intérêt d’un apprentissage oral et direct auprès d’enseignants compétents.

Le meilleur chemin est donc souvent :

lire → être corrigé → comprendre la règle → pratiquer → relire → être corrigé à nouveau.

Avec le temps, les règles deviennent de plus en plus naturelles.

Le Tajwid s’apprend-il seulement dans les livres ?

Les livres sont très utiles pour comprendre les règles, mais la récitation du Coran reste une science qui se transmet également par l’écoute et la pratique.

Une enseignante peut par exemple entendre immédiatement qu’une lettre est prononcée trop loin de son point d’articulation, qu’un madd n’est pas correctement réalisé ou qu’une ghunnah doit être corrigée.

C’est particulièrement important pour une personne francophone qui apprend à prononcer correctement les lettres arabes.

L’apprentissage avec une personne compétente permet également de ne pas prendre une mauvaise habitude pendant plusieurs mois avant de découvrir qu’elle doit être corrigée.

Le mérite d’apprendre le Coran

L’apprentissage du Coran est une œuvre noble.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. »

Ce hadith est rapporté notamment par Al-Bukhari dans son Sahih.

Apprendre à mieux réciter le Coran ne devrait donc pas être considéré comme une simple recherche de perfection dans la prononciation. C’est une démarche qui s’inscrit dans notre relation avec le Livre d’Allah.

Il faut également garder patience. Une personne qui commence le Tajwid peut avoir l’impression que les règles sont nombreuses et difficiles. Avec une progression régulière et de la pratique, beaucoup de choses deviennent progressivement naturelles.

Comment commencer à apprendre le Tajwid ?

Si vous souhaitez commencer, quelques conseils peuvent être utiles :

Commencez par évaluer votre niveau.
Il est préférable de savoir quelles sont vos difficultés avant de choisir une formation.

Travaillez la prononciation.
Avant de multiplier les règles théoriques, assurez-vous que les lettres sont correctement articulées.

Apprenez progressivement.
Il vaut mieux maîtriser quelques règles et savoir les appliquer que mémoriser de nombreuses définitions sans parvenir à les utiliser pendant la récitation.

Récitez régulièrement.
Le Tajwid ne se maîtrise pas uniquement en lisant un cours. Il faut pratiquer.

Faites-vous corriger.
C’est probablement l’un des conseils les plus importants : une erreur que l’on n’entend pas soi-même peut être difficile à corriger sans l’aide d’une personne expérimentée.

Conclusion

Le Tajwid du Coran est l’ensemble des règles et de la pratique qui permettent de réciter le Livre d’Allah correctement, en respectant la prononciation des lettres, leurs caractéristiques et les règles qui s’appliquent lors de leur récitation.

Son apprentissage demande du temps, de la régularité et surtout de la pratique.

Il n’est pas nécessaire de vouloir tout maîtriser dès le début. L’essentiel est de commencer, de progresser étape par étape et de faire corriger sa récitation lorsque cela est possible.

Qu’Allah nous permette de lire Son Livre correctement, de le comprendre, de le méditer et de le mettre en pratique.

اللهم علّمنا القرآن وانفعنا به

Ô Allah, enseigne-nous le Coran et fais-nous en profiter.